L’Homme, nombril du Monde et de la Terre ?

Quand la Terre était le nombril de l’univers.

Avant le XVIème siècle, les savants considéraient que l’homme vivait dans un monde fini et que la Terre était au centre de l’univers. Il s’agissait d’un modèle dit géocentrique. A cela a succédé la théorie de Copernic, avec le modèle héliocentrique, selon lequel le soleil est au centre de l’univers, totalement infini. S’en est suivie la Révolution copernicienne, dont l’impact a été tel qu’il a fallu deux siècles pour faire évoluer les mentalités et la science de l’époque : condamnations des travaux de Copernic, résistances, oppositions du clergé etc.
Dans le modèle matérialiste, où toute chose est composée de matière et tout phénomène est le résultat d’interactions matérielles, l’homme, en tant qu’être physique vivant, se place au centre d’une réalité qui lui est propre. Aristote fut le premier à développer cette théorie, appelée anthropocentrisme, en même temps d’ailleurs que le géocentrisme.
Démocrite et Platon considéraient par exemple que l’homme est au sommet de la hiérarchie des êtres. La religion judéo-chrétienne a considérablement renforcé cette croyance, en attribuant à l’être humain un rôle explicitement supérieur aux êtres espèces. Nous connaissons tous les conséquences, parfois désastreuses, de ces croyances que ce soit sur le plan scientifique, social, éthique ou environnemental. Au XVIIème siècle, Descartes considérait dans son “Discours de la Méthode”, que “l’homme doit se rendre maître et possesseur de la nature”. Cet ouvrage constituait pourtant un projet de recherche, axé sur la raison et la vérité dans les sciences. La pensée cartésienne est profondément ancrée, aujourd’hui encore, en plaçant l’homme au centre d’un tout, d’une matérialité propre, guidé par la raison et la vérité (cela relève, au final davantage d’une idéologie ou d’une croyance que d’une démarche scientifique).

L’homme est toujours le nombril de la Terre !

Aujourd’hui et plus que jamais, ce modèle est à bout de souffle.
L’arrivée d’un “nouveau virus” a fait fléchir le Monde tout entier, démontrant par la même occasion que l’infiniment petit, ce que l’on ne voit pas, peut laminer la prétendue toute puissance de l’homme, en tant qu’être physique. Le “COVID19” a pu nous montrer que l’intelligence de la vie est plus forte que l’intelligence strictement humaine. Ainsi, de récents travaux menés en génomique (*) ont pu nous prouver que l’homme n’est pas à la pointe de l’évolution et qu’il ne serait nullement plus évolué qu’aucune des autres espèces ; les aspects fonctionnels et métaboliques des plantes seraient par exemple nettement supérieurs à l’intelligence humaine. Le “nouveau virus” a été plus fort que l’homme. Aussi, certains disent être en guerre contre lui, alors qu’il fait partie de la vie, même si nous ne le voyons pas !
Tous ces aspects appartiennent au monde de l’invisible, au monde d’une “intelligence de la vie”, intuitive et spirituelle, se manifestant pourtant dans le visible et dans le matériel.
(*) branche moderne de la biologie qui étudie notamment le génome de micro-organismes, de cellules, de virus, de bactéries…

Epidémie banale, désastre sociétal…

C’est le titre donné à l’article rédigé par le Dr Axel Kahn, médecin généticien, prix Nobel de Médecine, ex directeur de l’INSERM, de l’Institut Cochin et président de l’Université Paris Descartes.
Aujourd’hui, en effet, il semble que nous sommes en-face soit d’un désastre sociétal ou d’une révolution à mener. Une révolution similaire à celle initiée par Copernic : passer d’un modèle matérialiste, fini, à un modèle post-matérialiste, infini. Nous constatons bien des résistances, des oppositions, des atermoiements, des condamnations lorsque le raisonnable l’emporte sur le raisonné, lorsque la science l’emporte sur les dogmes scientifiques (ne citons que les attaques essuyées régulièrement par le Dr Jean-Jacques Charbonier ou, très récemment encore, par le Pr Didier Raoult).
Dans une société occidentale où tout se doit d’être prévu, régi et contrôlé, l’Homme ne supporte pas qu’un phénomène de la vie, invisible de surcroit, puisse lui échapper, pire encore, qu’il puisse impacter le physique ! Parfois, toutes les hypothèses (souvent non scientifiques) sont évoquées pour tenter d’expliquer un phénomène au demeurant inexplicable. Or, en science, il convient d’utiliser le principe de parcimonie ou de simplicité, consistant à privilégier une hypothèse déjà existante, avant d’en introduire de nouvelles, afin de ne pas complexifier le problème devant être analysé. Le principe devrait être la règle dans toute démarche scientifique, y compris dans l’utilisation de médicaments et de moyens thérapeutiques…

Les expérienceurs, mystiques et méditants, tous épileptiques ?

Dans le domaine de la neurologie, par exemple, certains “scientifiques” estimaient que toutes les expériences spirituelles relatées par des expérienceurs, des méditants ou des mystiques étaient dues à des crises d’épilepsie, touchant tout particulièrement le lobe temporal et affectant profondément la perception de la réalité. Par la même occasion, ils estimaient également que les figures religieuses (Jeanne d’Arc, Ste Thérèse de Lisieux…) souffraient d’épilepsie. Cela revient à dire que tout ce qui concerne le prétendu spirituel doit être “pathologisé” : si les phénomènes étudiés ne sont pas scientifiquement démontrables (avec les moyens actuels), ils sont considérés comme inexistants ou pathologiques. Fort heureusement, à l’opposé de ces dogmes, le Dr John R. Hugues, neurologue, a pu démontrer que les personnes ayant vécu des expériences spirituelles ne souffraient pas d’épilepsie du lobe temporal ; par ailleurs, très peu de personnes épileptiques (moins de 1 %) ont rapporté des expériences spirituelles au cours de leurs crises.
Beaucoup de scientifiques, de chercheurs et de philosophes s’inscrivent dans un nouveau paradigme, en fonction de constats, d’évolutions des connaissances, “d’anomalies” inexpliquées par la science matérialiste. Dès lors, peut émerger une nouvelle théorie consensuelle. C’est ce qu’avait proposé le Pr Mario Beauregard, en 2014, au cours d’un sommet international consacré au post-matérialisme, à la société et à la spiritualité, en lien avec l’Université d’Arizona. Plusieurs grands scientifiques de renom ont contribué à ce manifeste et à ce jour, plus de de 200 scientifiques et philosophes dans le monde entier en sont signataires.

Les travaux de Jean-Jacques Charbonier : la TCH

Les travaux du Dr Charbonier, de l’IRCCIE, les TCH à travers la compilation de données et des témoignages personnels recueillis (RTCH) s’inscrivent évidemment dans cette nouvelle dynamique, tout en contribuant activement et de façon totalement inédite (plus de 14 000 questionnaires recueillis) à l’émergence de ce paradigme post-matérialiste.
Le manifeste pour un nouveau paradigme post-matérialiste proposé par le Pr Mario Beauregard pose les bases suivantes :
  • l’esprit représente un aspect de la réalité tout aussi important que le monde physique
  • l’esprit est fondamental : il ne peut être dérivé de la matière et réduit à quelque chose de plus basique
  • il existe une interconnexion profonde entre l’esprit et le monde physique
  • l’esprit (la volonté, l’intention) peut affecter l’état du monde physique et opérer de manière non-locale : plusieurs études sérieuses, en double aveugle voire en triple aveugle confirment l’hypothèse de départ
  • les EMi vécues durant un arrêt cardiaque suggèrent une persistance de la conscience après la mort physique et l’existence d’autres niveaux de réalité, qui ne sont pas physiques
  • la spiritualité (dans le sens esprit/psyché) représente un aspect central de l’existence humaine. La science matérialiste avait tendance à “pathologiser” tout ce qui était de l’ordre du spirituel.
La science post matérialiste ne rejette pas les théories matérialistes ; au contraire, elle est inclusive de ces mêmes théories (à l’instar de la physique quantique avec la physique classique). Ce nouveau modèle change donc radicalement la vision que nous avons de nous-mêmes, en nous responsabilisant. Il encourage par ailleurs l’émergence de valeurs positives, telles que la bienveillance, la compassion, la gratitude, le respect, la paix (rappelons que dans la logique matérialiste, il y a un déterminisme et une dualité : bien/mal, vie/mort, existence/non existence…) Le paradigme post-matérialiste replace l’Homme dans un Tout, en lien avec l’environnement, les interrelations entre les individus et les interrelations de l’individu avec la nature.

Le passage d’une science matérialiste à un modèle post-matérialiste est d’une importance cruciale pour l’évolution de la civilisation humaine.

Comme tout changement, il bouleverse et agite les esprits. La révolution copernicienne a duré deux siècles (globalement, du XVIème au XVIIIème siècle). Elle a profondément bouleversé la représentation du monde et de l’univers : d’un monde clos et d’une Terre immobile, centre de l’univers, nous sommes passés à un univers infini, sans limites connues.
Nous sommes aujourd’hui face au même changement à l’échelle de la conscience du vivant… car il y a bien quelque chose, d’infini, d’universel, d’intemporel qui nous unie toutes et tous, par-delà et au-delà de nos ethnies, de nos différences et de nos divergences…
Bien à vous,
Jean-Michel

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